top of page

Peur, anxiété, angoisse, qu'est-ce que c'est ?

  • alicebiteaupsychol
  • 16 oct. 2025
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 1 déc. 2025

Il est très courant qu'on consulte chez un·e psychologue car on ressent des peurs, de l'anxiété, des angoisses... Ces mots sont très proches dans le langage courant, mais relèvent en vérité de notions différentes. Connaître ces différences peut permettre d'appréhender plus précisément vos symptômes.


La peur

La peur est une émotion désagréable, mais non envahissante. Elle est dirigée envers un objet (animal, orage, monstres, piqûres, situation...), et elle a une fonction très positive ! En effet, lorsque vous ressentez de la peur, c'est un signal de protection, votre corps se mobilise contre un danger, et met en place des défenses : la fuite, l'attaque, l'évitement, l'utilisation d'objets réconfortants... La peur est donc très utile.

Lorsque l'émotion devient envahissante, on parle alors de terreur, d'effroi (accident grave, catastrophe, mort soudaine d'un proche...). Lorsque la situation de terreur, d'effroi, n'est pas surmontable, qu'elle n'est pas seulement passagère, cela peut créer un traumatisme.


L'anxiété

L'anxiété est un état, désagréable à la fois car elle provoque un mal-être, mais également car elle n'est pas dirigée vers un objet précis. C'est une inquiétude d'une forte intensité, envahissante. Souvent, on se dit alors "je me sens anxieux·se, mais je ne sais pas pourquoi". Contrairement à la peur, l'anxiété n'a pas vraiment de fonction. Certes, elle alerte contre un danger, mais lequel ? Comment se défendre contre un danger qu'on ignore ? Les défenses mises en œuvre sont alors souvent généralistes : méthodes d'ancrage, régulation du rythme cardiaque, voire parfois, des solutions médicamenteuses.

Lorsque l'anxiété est très présente, et pèse, il est conseillé de faire une psychothérapie, afin de chercher ensemble les sources de cette inquiétude.


L'angoisse

L'angoisse est une sensation diffuse, intense, extrêmement désagréable, pouvant mettre dans un profond malaise. Comme l'anxiété, elle n'est pas dirigée vers un objet précis, mais contrairement à l'anxiété, elle a une fonction. En effet, l'angoisse est présente pour signaler un danger. Mais là où la peur signale un danger externe (animal, orage, monstre...), l'angoisse signale un danger interne : elle se présente en écho à des traumatismes passés, des craintes infantiles, des peurs enfouies... Elle est également le reflet d'un manque de sécurité interne. L'angoisse peut être impressionnante lors des crises (appelées communément crises d'angoisses, ou attaques de panique), car le psychisme et le corps s'allient pour former des symptômes inquiétants : difficultés respiratoires, cœur qui s'emballe, sudation, vertiges, gorge serrée, douleur à la poitrine...

Les crises d'angoisse, même si elles ne relèvent pas d'une urgence médicale, car elles n'ont pas de risque vital, sont tout de même à prendre très au sérieux, car elle signifient un grand mal-être, et un besoin immédiat d'être réassuré. Les crises d'angoisse nécessitent parfois une aide médicamenteuse, mais elles témoignent également d'un besoin de prise en charge thérapeutique. Tout comme pour l'anxiété, la psychothérapie peut permettre de vous accompagner à chercher les sources de cette angoisse, et à retrouver davantage de sécurité interne. Un·e psychothérapeute peut également vous accompagner à trouver les méthodes d'ancrage, de réassurance, qui vous conviennent le mieux.


Le cas particulier de l'éco-anxiété

Ce néologisme de 1997 est réactualisé depuis les années 2020 face aux désastres environnementaux, et de nombreuses personnes s'en saisissent pour expliquer leurs ressentis. Ce sentiment, surtout présent chez la jeune population (15-34 ans), provoque des symptômes anxieux chez 10% de la population française, selon une étude de 2025. Et les chiffres montent à 25% si l'on prend en compte les personnes qui se disent seulement "stressées" par la situation écologique.

L'éco-anxiété mêle un stress intense face au dérèglement climatique et une colère et une frustration face à l'inaction politique.

L'éco-anxiété a cette particularité d'être liée à un objet presque fataliste : le dérèglement climatique, dont on entend tous les ans qu'aucun retour en arrière n'est possible. Tout comme la "peur de la mort", l'éco-anxiété renvoie à une angoisse de mort, généralisée à l'espère humaine, une "crainte de ne pas laisser de trace de son existence" (Desveaux, 2020). L'éco-anxiété peut être qualifiée de réaction normale face aux catastrophes réelles de ce monde. Mais la qualifier de "normale" n'enlève pas la souffrance, le stress, la peur.

Alors que faire ? Il semble que la réaction la plus bénéfique soit de transformer cette anxiété en carburant pour changer le monde. Idéaliste, vous trouvez ? C'est en luttant pour ses idéaux, en se mobilisant individuellement et surtout collectivement, que l'on lutte contre les symptômes de l'éco-anxiété. Aider à changer la société, c'est aider à changer la cause de nombreuses de nos anxiétés.

Sur un plan plus psychopathologique, il apparaît qu'une personne qui présente une sécurité interne plus fragile, ou des antécédents de stress, d'anxiété, sera plus susceptible de présenter de l'éco-anxiété. L'éco-anxiété doit donc être prise en charge au cas par cas, mais sans en oublier sa dimension collective.


Sources :

André Le Gall, L'Anxiété et l'Angoisse, Que-sais-je ? 1995

A. Abelhauser et P. Costantini, Anxiété, peur, angoisse : point de vue psychopathologique 2014

Jean-Baptiste Desveaux, 2020

Elisa Dageville, L'Eco-anxiété chez les jeunes, 2022

Etude l'Observatoire de l'Eco-anxiété, mai 2025

Posts récents

Voir tout
Différenciation, autonomie et indépendance

J'aime à dire (mes patient·es diraient même que je radote...) que le bien-être psychique est avant tout une question d' EQUILIBRE . L'équilibre, c'est n'être ni dans le trop , ni dans le pas assez , c

 
 
 

Commentaires


bottom of page